Gakondo

Miseke et Mirabyo

présentée par
Rose-Marie Mukarutabana


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    La prière d'une femme fatiguée
Un jour, une femme était descendue dans son jardin de patates douces ibijumba, dans le bas-fond de sa colline. Elle avait amené avec elle, en plus de son panier agateebo, une cruche akabindi pour puiser l'eau du ménage urugo. Elle s'était arrêtée en chemin pour ramasser un peu de bois mort inkwi, qu'elle prendrait avec elle en remontant.

Mais pendant qu'elle ramassait encore ses tubercules, un gros orage gronda. Que faire? Il fallait absolument qu'elle remonte avant la pluie, car elle avait laissé son grain à sécher dans la cour, là-haut, sur la colline. Et il y avait le panier à porter, et la cruche d'eau, et le bois de feu, sur le flanc de la colline! Et elle était déjà bien alourdie, car elle attendait un bébé. Que faire? Alors elle adressa une prière instante au ciel.

Dès qu'elle eut lancé son appel au ciel, un coup de tonnerre inkuba retentit, et un éclair umurabyo tomba à ses pieds, et se changea en un jeune garçon, qui la salua poliment, disant: "C'est mon Père qui m'envoie, car vous avez appelé à l'aide. Que puis-je faire pour vous?"


Le Fils du Roi du Ciel
La pauvre femme, muette de saisissement mêlé de ravissement, pointa du doigt le panier de patates, la cruche d'eau, le fagot de bois, et là-haut, sa maison, avec le grain qui séchait... Le jeune garçon la rassura. En un clin d'œil, il avait entouré d'un éclair l'un, puis l'autre, puis le troisième de ces objets, et les avaient transportés dans la maison de la femme - à la vitesse de l'éclair! Un dernier flash, et il prit congé de la femme pour retourner chez son père, au ciel.

Pendant qu'elle marchait, la femme cherchait un moyen pour manifester sa gratitude au Roi du ciel et à son jeune fils.

Oh! dit-elle. Fasse le ciel que mon bébé soit une fille, et je la donnerai à Nkuba comme épouse pour son fils!

Ce fut une fille, et elle la nomma Miseke, car elle était aussi lumineuse que l'aurore. Et plus elle grandissait, plus elle embellissait. Elle avait toutes les vertus, elle était gaie, enjouée, aimée de tous. Son sourire était particulièrement remarquable de clarté, et lorsqu'elle souriait, tout s'éclairait autour d'elle. En effet, par le jeu de l'homonymie, le nom Miseke signifie aurore, mais aussi sourire, rire.


Mirabyo recherche Miseke
Un jour qu'elle était descendue à la rivière avec ses camarades, à la recherche de joncs pour leurs travaux de vannerie, un gros orage éclata. Les jeunes filles courent s'abriter dans une grotte. Et soudain, un éclair tombe à l'entrée de la grotte, et se matérialise en un jeune homme merveilleusement beau. Le jeune homme s'approche de l'entrée:

"- Bonjour, Mesdemoiselles?"

"Bonjour, Monsieur? Que peut-on faire pour vous?"

"Je suis à la recherche de Miseke."

"Qui êtes-vous? D'où venez-vous? Pourquoi la cherchez-vous?"

"Je viens de... très loin. Je veux juste la voir"

"Mais vous ne la connaissez même pas!"

"Je la reconnaîtrai par son sourire. Et je ne partirai pas sans la voir."

Alors les jeunes filles comprirent qu'elles avaient devant elles le Fiancé de Miseke: Mirabyo, le Fils de Nkuba, Roi du Ciel.

Le jeune homme resplendissant s'installa à l'entrée de la grotte, visiblement décidé à ne pas bouger jusqu'à ce qu'il ait vu Miseke. L'intensité de sa luminosité s'estompa quelque peu, comme mise en veilleuse. Les jeunes filles purent alors constater que la pluie avait presque cessé de tomber, mais que le ciel était encore assez couvert.


Miseke et Mirabyo montent au ciel sur un arc-en-ciel
Le jeune homme était décidé à attendre à l'entrée de la grotte. Mais les jeunes filles ne voulaient plus rester dans ce lieu sombre. Bientôt, la pluie s'arrêta complètement. Elles ne pouvaient pas rester là indéfiniment. Elles décidèrent de sortir de la grotte.

"Laissez-moi passer", dit la première. Et elle chanta:

Sindi Miseke ya kwisaba,
Useka indinga zigasuka
Useka amasaro agaseeseka

Je ne suis pas Miseke
Son rire est comme le tintement de bracelets de cuivre
Son sourire est comme une rivière de perles

"Seka ndeebe!" dit Mirabyo à la première jeune fille. "Souris, et je te dirai si tu es Miseke ou non" dit le jeune homme resplendissant. La première jeune fille s'exécuta: elle était jolie, ses dents étaient très blanches et son sourire lumineux, mais elle n'était pas Miseke.

"Hite ugeende nturi Miseke! Passe ton chemin, tu n'es pas Miseke."

La jeune fille sortit de la grotte, et attendit ses camarades devant l'entrée. Les six autres jeunes filles défilèrent ainsi, chacune chantant la petite mélodie, et le jeune homme éblouissant répétant le petit refrain après elle.

Il ne restait plus dans la grotte que Miseke. Elle se tenait là, au milieu de cette salle de pierre, et ne semblait pas vouloir avancer. Le jeune homme ne s'en formalisa pas, et lui demanda simplement de sourire, de là où elle se tenait. Miseke sourit. Alors, la grotte s'illumina comme le ciel au lever du jour, éclairant tout le vallon et les collines alentour.

"Uri Miseke! Tu es Miseke!" s'écria le jeune homme, plus éblouissant que jamais. En effet, il n'y avait plus aucun doute : la huitième jeune fille était bien Miseke, celle que sa mère avait promise au Fils du Roi du Ciel avant sa naissance. Les sept jeunes filles, qui se tenaient toutes devant l'entrée de la grotte, poussèrent des acclamations et applaudirent la performance, invitant leur compagne à sortir.

Dès que Miseke sortit de la grotte, un arc-en-ciel umukororombya apparut, et Mirabyo, tenant par la main sa fiancée retrouvée, s'enveloppa dans les bandes brillantes de l'arc-en-ciel, et ensemble, ils s'élevèrent au ciel, sous les acclamations renouvelées des jeunes filles.

Au ciel, les Parents de Mirabyo, Nkuba et Nyirankuba, organisèrent des noces merveilleuses, auxquelles fut conviée toute la cour céleste.



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