Gakondo

Les Rituels de l'Ubwiru

présentée par
Rose-Marie Mukarutabana


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La Voie de l'Abreuvage

  Les rois vachers sont deux :
  Ce sont Mutara* et Cyirima*.
  Leurs capitales sont deux :
  Ce sont Bumbogo* et Nyundo*.
 
5   Les capitales des taureaux sont quatre :
  Ce sont Gisanze*, Muganzacyaro*,
  Ruyumba-lez-Matovu*
  Et Rubona-les-Kagina*.
 
  Quand le temps de mener à l'abreuvoir est venu,
10   Les prêtres consulteurs se lèvent
  Et vont demander une consultation au sujet des capitales des taureaux,
  Toutes les quatre.
  Sur le site désigné comme propice, on délimite les emplacements
  Et les constructions y sont faites par les Abanyoro* et les Abahiiza*.
15   Quand les enclos sont achevés,
  Un jeune Umutsoobe* vient
  Faire partir les taureaux.
  Il les fait partir de chez Cyirima*
  Avec les tambours de batterie, les poètes dynastiques,
20   Les flûtistes, les Impara*
  Et les Servantes traditionnelles.
 
  Pendant le voyage, les tambours battent le coucher et le réveil en leur honneur.
  Quand ils arrivent à la dite capitale,
  On y bat le coucher deux fois
25   Et le réveil deux fois en leur honneur.
  Les tambours reviennent à la cour.
 
  Les taureaux restent en permanence en ce lieu,
  Ne le quittent que pour la Fête des Prémices,
  Pour la levée de Gicuraasi*,
30   Pour les fêtes d'accomplisssement des voeux dans la Première Maison
  Et lors de la construction d'une nouvelle capitale.
 
  Alors donc Kigari* est délaissée pendant un an.
  L'année suivante, elle rejoint le Rwanda.
  Les prêtres consulteurs s'en vont
35   Faire faire de la divination au sujet de Bumbogo* et Nyundo*.
  Au lieu désigné comme propice, on délimite les emplacements ;
  Les enclos sont construits par le peuple entier.
  Quand les enclos sont achevés,
  L'Umutsoobe* vient demander au roi de partir.
 
40   Le roi congédie les étrangers,
  Celui qui a cherché refuge auprès de lui, auprès de son père
  Ou auprès de son grand-père ;
  Quant à celui qui a cherché refuge auprès de son arrière-grand-père,
  Il fait partie du peuple, comme tout le monde.
45   Celui qui a où aller y va,
  Celui qui ne l'a pas reste à cette capitale.
  Le roi part.
  Quand il arrive dans ladite capitale, sur la place publique,
  Il prend le briquet et il prend Rwamutara*.
50   Les ritualistes attachés à la Première Maison prennent les marteaux.
  Les fonctionnaires de la Première Maison précèdent le roi
  Jusque dans la maison principale.
  Le roi s'assied sur le trône
  Et indique sa résidence, soit à son père, soit à son grand-père.
55   On lui présente les marteaux,
  On lui présente le briquet,
  Le tambour des saluts salue.
  Les tambours dynastiques font leur entrée
  Et on les présente au roi sans qu'il y batte le rythme ibihubi*.
60   Puis ils vont sur l'étagère.
 
  Le roi se lève très tôt
  Ainsi que l'Umuheeka* et l'Umutsoobe*.
  Ils déterminent l'emplacement de l'enclos,
  Celui de Cyirima* (ou de Mutara*),
65   A l'écart des autres.
  On le bâtit en huit jours.
  Le neuvième jour, le roi s'y rend selon le protocole.
  Quand cette fois encore il arrive sur la place publique,
  A ce moment aussi, il prend le briquet et prend Rwamutara*.
70   Les fonctionnaires de la Première Maison prennent les marteaux.
  Le singe marche devant.
  Les fonctionnaires de la Première Maison précèdent le roi
  Jusque dans la maison principale.
  Le roi indique à Cyirima* (où à Mutara*) leur résidence.
75   Il s'assied sur le trône,
  on lui présente les marteaux,
  on lui présente le briquet,
  le tambour des saluts salue.
  Les tambours dynastiques font leur entrée
80   Et on les présente au roi sans qu'il y batte le rythme igihubi*,
  Puis ils vont sur l'étagère.
 
  Le lendemain matin,
  On commande les travaux.
  L'Umwenemuhinda* s'en va
85   A Nganzo-lez-Mushongi*.
  Il y bat le fer pour ébaucher Nyarushara*
  Il bat le fer pour ébaucher Nyamigisha*,
  Il bat le fer pour ébaucher Mpeteyinka*,
  Il bat le fer pour ébaucher Nshinjamahugu*,
90   Il bat le fer pour ébaucher Nunguyurwanda*
  Et bat le fer pour ébaucher Nyamvura*.
 
  Il forge huit haches,
  Huit serpettes, huit grandes herminettes,
  Huit petites herminettes, huit couteaux à bois,
95   Huit poinçons et huit creusoirs.
  Il y forge aussi quatre houes.
  Ce qui n'y figure pas, ce sont la lance et la flèche,
  Le rasoir, le poinçon et l'alène.
 
  On monte les fers
100   Sur des manches d'umwifuuzo
  Et on les apporte à la cour.
  On les donne à l'Umwenenyabirungu*.
 
  Celui-ci se rend dans la région Cyungo* en Buberuka*
  Couper le bois de l'arbre-mère de Karinga*.
105   Il va dans la région Ndoha* en * Nyantango*
  Récolter du bois de l'arbre-mère de Cyimumugizi,
  Et récolter aussi le bois de l'arbre-mère de Mpatsibihugu*.
  Il va dans la région Gipfuna* en Buhanga*
  Récolter le bois de l'arbre-mère de Kiraaguste*.
110   Il va à Misumba*-lez-Sekera
  Récolter du bois d'umusumba pour une petite auge.
 
  Les travaux reviennent à la cour
  Et on les remet au descendant de Fwati*.
  Celui-ci va à Mwurire-lez-Muhima
115   Récolter du bois pour huit pots igicuba,
  Huit pots inkongooro,
  Huit pots ikirabyo,
  Huit bâtonnets à beurre
  Et quatre sièges.
 
120   Ces objets arrivent au gîte de l'Umunyakabagari*.
  On fait chercher un taureau des Honorables*
  Qui ne soit pas noir, ne se soit pas battu,
  N'ait ni blessures, ni défauts,
  Auquel on n'ait taillé ni les oreilles, ni la queue
125   Et qui de plus ait engendré de nombreuses vaches.
  On en retirera une peau brute pour un vêtement
  Dont le roi se couvrira à l'abreuvoir.
 
  On fait chercher un taureau chez les descendants de Mugunga*,
  Qui ne soit pas noir, ne se soit battu,
130   N'ait ni blessures, ni défauts,
  Et auquel on n'ait taillé ni la queue, ni les oreilles.
  Sa peau couvrira Karinga*.
 
  On fait chercher un taureau chez les Abatandura*, à deux reprises,
  Qui ne soit pas noir, ne se soit pas battu,
135   N'ait ni blessures, ni défauts,
  Et qui ait, lui aussi, engendré beaucoup de vaches.
  La peau de l'un couvrira Cyimumugizi*,
  Celle de l'autre couvrira Mpatsibihugu*.
 
  On fait chercher un taureau chez les Singa*
140   Qui ne soit pas noir, ne se soit pas battu,
  N'ait ni blessures, ni défauts,
  Auquel on n'ait taillé ni la queue, ni les oreilles,
  Et qui ait de plus engendré beaucoup de vaches.
  Sa peau couvrira Kiraagutse*.
 
145   On fait venir une jeune fille du lignage des Abega*
  - C'est elle qui est la première ?
  Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On fait chercher une jeune fille du lignage des Abakono*
150   Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On fait chercher une jeune fille du lignage des Abaha*
  Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
155   On fait chercher une jeune fille du lignage des Abagesera*
  Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On fait chercher une jeune fille du lignage des Abatsoobe*
  Qui ait son père et sa mère,
160   Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On en fait chercher une parmi les descendants de Mugunga*,
  Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On en fait chercher une parmi les descendants de Munyiga*,
165   Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
  On en fait chercher une parmi les descendants de Cyambwe*,
  Qui ait son père et sa mère,
  Avec un de ses frères ayant son père et sa mère.
 
170   Les jeunes filles arrivent au nombre de huit,
  Avec leurs huit frères.
  On fait venir aussi une fille de l'oncle paternel
  Du roi, allaitant un garçon,
  Laquelle acclamera le roi.
 
175   On fait chercher quatre vaches
  De parmi les Honorables*,
  Deux allaitant un veau femelle
  Et les deux autres allaitant un veau mâle.
  On fait chercher aussi quatre brebis
180   De parmi les Honorables*,
  Deux allaitant une agnelle
  Et les deux autres un agneau mâle.
  On fait chercher quatre vaches des Royales*,
  Deux allaitant un veau femelle,
185   Et les deux autres allaitant un veau mâle.
  On fait chercher aussi quatre brebis de ce troupeau,
  Deux allaitant une agnelle
  Et les deux autres un agneau mâle.
 
  On fait chercher de l'eau de Gisiizi*
190   Et on en fait chercher aussi de Mbizi*.
  L'eau est apportée par un porteur de Gakondo
  A titre de tribut.
  On fait chercher des cruches intango au Buhanga*.
  On fait chercher du bois d'umurama
195   En-deçà ;
  Le chef qui gouverne le Mayaga* l'apporte.
 
  On fait chercher une peau pour le briquet;
  Le chef qui gouverne le Buyenzi* l'apporte.
  On fait chercher des pièces d'étoffe d'umutaaba
200   Chez Ndungutse* fils de Nkuuna*,
  Ainsi que les ficus umutaaba sur lesquels on les a prélevées.
  On fait chercher aussi un bouchon fait d'herbes de tout le pays.
  Les préparatifs sont alors terminés.
 
  On sacrifie les dits taureaux (IX, 121-144).
205   Ils sont sacrifiés chez Cyirima* (ou bien chez Mutara*).
  On fait entrelacer des umurinzi avec des umutaaba.
  Quant à la dite peau dont le roi se couvrira (IX, 126-127,1062)
  A l'abreuvoir,
  Le jour du raclage, elle ne doit pas être au contact d'épines.
210   Elle sera au contact d'ikinyukwe
  Et on la parfumera de racines de sorgho.
  L'Umutsoobe* s'en va (IX, 16)
  Dans le Bumbogo* chercher des semences
  D'éleusine, d'isogi
215   De sorgho et de courge inzungwane.
  Ces semences arrivent dans un petit panier agaseke en jonc
  Provenant de chez Nyirashyende*,
  Avec un grand panier igiseke de même origine,
  Dans lequel ira la dite peau (IX,207)
220   Dont le roi se couvrira à l'abreuvoir.
 
  On fait chercher de l'hydromel
  Provenant de chez Mumbogo*,
  De la bière de sorgho miellée de chez Myaka*,
  Des nattes traditionnelles
225   Au nombre de seize, en herbe
  Urukangaga arrachée à la main,
  Et des ficus umutaaba non écorcés,
  Puis on les apporte à la cour.
  On convoque un Umutsoobe* pur,
230   Un Umukoobwa* pur
  Et un Umwenenyabirungu* pur.
  On leur donne les dites vaches, les brebis
  On leur donne les semences (IX, 213), les boissons (IX, [221-223),
  On leur donne les pots ibicuba (IX, 115), les étoffes (IX, 219),
235   On leur donne une hache, une serpette,
  On leur donne une petite herminette, un couteau à bois
  Et on leur donne une houe.
 
  On convoque l'Umutsobe ancien,
  Qui ira réciter les formules.
240   Ils prennent le départ et s'en vont,
  Logeant toujours chez un bon clan.
  Si une vache perd son petit en chemin,
  On s'arrête et on avertit la cour
  D'en envoyer une autre.
245   Si l'une se rompt une patte ou se crève un œil,
  On s'arrête et on avertir la cour
  D'en envoyer une autre.
  Si une brebis perd son petit en chemin,
  Ou si elle se rompt une patte ou se crève un œil,
250   Cela se passe comme ci-dessus, on envoie un message,
  En sorte que, lorsqu'on arrivera à Kigari*,
  On n'arrive qu'avec des bêtes intactes.
 
  On traverse à Nyaruteeja*.
  Quand on arrive à la capitale de Kigari*,
255   On passe la nuit chez Kanyantaama*, fils de Biraadutse*.
  L'Umutsobe ancien (IX, 238) qui récitera les formules
  A cueilli la veille un bel aspersoir.
  Il se lève tôt et va chercher des braises
  Pour allumer deux feux.
260   Quand il arrive à Murama*, il ouvre l'enclos,
  Il prend la houe (IX, 237) et ouvre l'enclos.
  Il creuse quatre fois.
  Il passe à l'Umukoobwa* (IX, 230)
  Qui creuse quatre fois lui aussi.
265   Il passe à l'Umwenenyabirungu* (IX, 231)
  Qui creuse quatre fois.
 
  On allume deux feux,
  Un pour les vaches et un pour l'umurama.
  Les dites vaches font leur entrée avec les dites brebis.
270   L'Umutsoobe* pur trait,
  L'Umukoobwa* pur trait,
  L'Umwenenyabirungu pur* trait.
  On apporte le lait et on le dépose là
  Avec les boissons (IX, 233) et les semences (IX, 233).
275   On prend le lait et les boissons,
  On y trempe successivement l'aspersoir (IX,257),
  Puis on asperge l'umurama.
  L'Umutsoobe* s'agenouille,
  Disant : «La force divine soit toujours en toi, Kigari*!
280   Nous venons prendre les cœurs des tambours
  Pour que le roi du Rwanda ait du cœur,
  Que les tambours du Rwanda aient du cœur,
  Que les hommes du Rwanda aient du cœur,
  Que les femmes du Rwanda aient du cœur,
285   Que les vaches du Rwanda aient du cœur,
  Que le Rwanda entier ait du cœur.
 
  Tu es vivace : que le roi soit vivace,
  Que les tambours du Rwanda soient vivaces,
  Que les hommes du Rwanda soient vivaces,
290   Que les femmes du Rwanda soient vivaces,
  Que les vaches du Rwanda soient vivaces,
  Que le Rwanda entier soit vivace !
 
  Voici des choses pures : que le roi soit pur,
  Que les tambours du Rwanda soient purs,
295   Que les hommes du Rwanda soient purs,
  Que les femmes du Rwanda soient pures,
  Que les vaches du Rwanda soient pures,
  Que le Rwanda entier ait toujours des choses pures !
 
  Voici du lait : que le roi ait toujours du lait,
300   Que les tambours du Rwanda aient toujours du lait,
  Que les hommes du Rwanda aient toujours du lait,
  Que les femmes du Rwanda aient toujours du lait,
  Que le Rwanda entier ait toujours du lait !
 
  Voici de l'hydromel et de la bière miellée
305   Que le roi ait toujours de l'hydromel et de la bière miellée,
  Que les tambours aient toujours de l'hydromel et de la bière miellée
  Que les hommes aient toujours de l'hydromel et de la bière miellée
  Que les femmes aient toujours de l'hydromel et de la bière miellée
  Que le Rwanda entier ait toujours de l'hydromel et de la bière miellée.
 
310   L'Umutsoobe* pur fait le geste de ramener
  Quatre fois,
  Disant : «Puissions-nous ramener le Burundi* sous le tambour,
  Puissions-nous ramener le Bushuubi* sous le tambour,
  Puissions-nous ramener le Bunyabungo* sous tambour !
315   Tous les pays qui ne paient pas tribut au roi du Rwanda,
  Puissions-nous les ramener sous le tambour !»
  L'Umukoobwa pur fait le geste de ramener
  Quatre fois, prononçant les mêmes paroles.
  L'Umwenenyabirungu pur* également
320   Fait le geste de ramener, quatre fois,
  Prononçant les mêmes paroles.
 
  L'Umutsoobe* pur fait le geste d'étaler
  Quatre fois,
  L'Umukoobwa pur fait le geste d'étaler
325   Quatre fois,
  L'Umwenyabirungu pur
  Fait le geste d'étaler, quatre fois :
  Tous ensemble, ils font le geste d'étaler, disant
  «Puissions-nous étaler le Burundi* devant le tambour,
330   Puissions-nous étaler le Bushuubi* devant le tambour,
  Puissions-nous étaler le Bunyabungo* devant le tambour !
  Tous les pays qui ne paient pas tribut au roi du Rwanda,
  Puissions-nous les étaler devant le tambour !»
 
  On amène les deux cœurs de Karinga*
335   Et on les met dans un pot igicuba
  Qui provient de Mwurire-lez-Muhima* (IX, 114-115).
  On attache l'étoffe d'umutaaba
  Avec le lien d'umutaaba,
  Objets provenant de chez Ndungutse*, fils de Nkuuna* (IX, 199-201).
 
340   On prend les deux cœurs de Cyimumugizi*
  Et on les met dans un pot igicuba
  Qui provient de Gicuba-lez-Nyundo*;
  On attache la dite étoffe avec lesdits ficus.
 
  On prend les deux cœurs de Mpatsibihugu*
345   Et on les met dans un pot igicuba
  Qui provient de Gicuba-lez-Nyundo*;
  On attache ladite étoffe avec lesdits ficus.
 
  On prend les deux cœurs de Kiraagutse*
  Et on les met dans un pot igicuba
350   De Mwurire-lez-Muhima* (IX, 114-115).
  On attache ladite étoffe avec lesdits ficus.
 
  On prend lesdites semences du Bumbogo* (IX,213)
  Et on les éparpille dans ledit abreuvoir (IX, 262)
  En disant : «Voici des semences !
355   Puisse le roi avoir toujours des semences
  De vaches et d'hommes !
  Puissent les tambours du Rwanda avoir toujours des semences,
  Puissent les hommes du Rwanda avoir toujours des semences,
  Puissent les femmes du Rwanda avoir toujours des semences,
360   Puissent les vaches du Rwanda avoir toujours des semences,
  Puisse le Rwanda avoir toujours des semences
  De vaches et d'hommes !»
 
  On remet la terre en place (IX,262,353)
  Pour que l'umurama ne meure pas.
 
365   Les enfants des ritualistes boivent ledit lait (IX,270-273).
  Lesdites boissons (IX,233,304) sont consommées.
  Lesdites brebis (IX,232) restent chez Kanyantaama*.
 
  Sur le chemin du retour, on loge chez de bons clans.
  Si une vache se brise une patte en chemin,
370   Ou si elle perd un oeil,
  Ou si elle souffre d'une maladie quelconque,
  On s'arrête et on avertit la cour
  D'en envoyer une autre intacte,
  En sorte qu'à la cour
375   Il ne parvienne que des bêtes pures.
 
  Quand on parvient à la capitale où se trouve le roi
  On loge chez l'Umuheeka* chargé de la garde des taureaux.
  Lesdits arbres-mères et lesdits cœurs (IX, 103-109, 280)
  Se rejoignent chez cet Umuheeka*.
380   Les peaux ont été taillées la veille (IX, 121-144),
  Les lanières ont été découpées la veille ;
  On n'a pas raclé les poils de ces dernières (IX,209).
 
  Au matin, les tambours font l'accueil
  Et officient aux cérémonies du matin chez Cyirima* (Mutara*).
385   Le lendemain, le roi se lève très tôt
  Et installe une forge dans la cour arrière
  De chez Cyirima* (ou de chez Mutara*).
  Il porte le pagne en peau de mouton
  Et actionne le soufflet quatre fois.
390   Il passe au descendant de Muhinda*
  Qui actionne le soufflet quatre fois.
  Celui-ci passe au descendant de Mutamwa*
  Qui actionne le soufflet quatre fois.
 
  Le roi va devant la forge,
395   Il va près de Nyarushara*
  Et bat le fer quatre fois.
  Il passe au descendant de Muhinda*
  Qui bat le fer quatre fois.
  Celui-ci passe au descendant de Mutamwa*
400   Qui achève le travail.
 
  Le roi va près de Nyamigisha*
  Et l'on fait les mêmes actes successifs.
  Il va près de Mpeteyinka*
  Et l'on fait les mêmes actes successifs.
405   Il va près de Nshinjamahugu*
  Et l'on fait les mêmes actes successifs.
  Il va près de Nunguyurwanda*
  Et l'on fait les mêmes actes successifs.
  Il va près de Nyamvura*
410   Et l'on fait les mêmes actes successifs.
 
  Entre-temps on a mélangé
  Ladite eau de Gisiizi* et celle de Mbizî* (IX, 189-190).
  L'une est bouillante, l'autre est fraîche.
  On l'a fait bouillir dans lesdites cruches intango du Buhanga* (IX, 193)
415   Sur le feu desdits bois d'umurama (IX, 194)
  Donnés par le chef du Mayaga*.
 
  Le roi va dans la maison principale
  Chez Cyirima* (ou chez Mutara*).
  L'habitant du Kabagari* va à l'étagère,
420   Délie Karinga*
  Et lui donne quatre desdites nattes (IX,224).
  Il délie Cyimumugizi*
  Et lui donne quatre nattes également.
  Il délie Mpatsibihugu*
425   Et lui donne également quatre nattes.
  Il délie Kiraagutse*
  Et lui donne également quatre nattes.
 
  Voici donc le seul moment où les tambours dynastiques
  Vont sur des nattes par terre.
430   Autrement, ils sont toujours sur un siège ou dans un palanquin.
 
  Le roi et le descendant de Nyabirungu*
  S'agenouillent et s'aident mutuellement
  A jeter de l'eau froide (IX, 413) sur Karinga*
  En disant: «Voici de l'eau fraîche:
435   Puisse le roi du Rwanda avoir de la fraîcheur,
  Puissent les tambours du Rwanda avoir de la fraîcheur,
  Puissent les hommes du Rwanda avoir de la fraîcheur,
  Puissent les femmes du Rwanda avoir de la fraîcheur,
  Puissent les vaches du Rwanda avoir de la fraîcheur,
440   Puisse le Rwanda du roi avoir de la fraîcheur !
 
  Voici de l'eau de Gisiizi* et de Mbizi*:
  Puissent les vaches et les gens du Rwanda
  Etre toujours nombreux et incalculables,
  Puisse le Rwanda être toujours nombreux et incalculable !»
 
445   Ils jettent de l'eau fraîche sur Cyimumugizi*
  Et prononcent ces paroles.
  Ils jettent de l'eau fraîche sur Mpatsibihugu*
  Et prononcent ces paroles.
  Ils jettent de l'eau fraîche sur Kiraagutse*
450   Et prononcent ces paroles.
  Le roi se redresse.
 
  On apporte ladite eau chaude (IX, 413).
  L'Umunyakabagari* prend Nyamvura*,
  Dégage la surface de Karinga*
455   Et fait apparaître les lanières et les peaux.
  Il dégage la surface de Cyimumugizi*
  Et fait apparaître les lanières et les peaux.
  Il dégage la surface de Mpatsibihugu*
  Et fait apparaître les lanières et les peaux.
460   Il dégage la surface de Kiraagutse*
  Et fait apparaître les lanières et les peaux.
 
  Il prend un couteau à bois, s'approche de Karinga*
  Et détache les lanières et les peaux.
  Il s'approche de Cyimumugizi*
465   Et détache les lanières et les peaux.
  Il s'approche de Mpatsibihugu*
  Et détache les lanières et les peaux.
  Il s'approche de Kiraagutse*
  Et détache les lanières et les peaux.
 
470   De tous les tambours il extrait les vieux cœurs.
  On apporte les fûts desdits arbres-mères (IX, 103-109) qu'on a cueillis:
  Celui de Cyungo* en Buberuka*,
  Va derrière Karinga* ;
  Celui de Ndoha*-lez-Nzaratsi,
475   Va derrière Cyimumugizi*;
  Le second de Ndoha*-lez-Nzaratsi,
  Va derrière Mpatsibihugu* ;
  Celui de Gipfuna* en Buhanga*,
  Va derrière Kiraagutse*.
 
480   On redresse Karinga* et l'on l'examine.
  Si l'on constate qu'il s'est fendillé,
  Celui de Cyungo* va devant lui.
  Si l'on constate qu'il ne s'est pas fendillé,
  C'est le tambour ancien qui est consacré ;
485   Quant à l'autre, on le couvre et il va dans la réserve .
 
  On redresse Cyimumugizi* et on l'examine.
  Si l'on constate qu'il s'est fendillé,
  Un des deux tambours de Ndoha* va devant lui.
  Si l'on constate qu'il ne s'est pas fendillé,
490   C'est le tambour ancien qui est consacré;
  Quant à l'autre, on le couvre et il va dans la réserve .
 
  On redresse Mpatsibihugu* et on l'examine.
  Si l'on constate qu'il s'est fendillé,
  Celui de Ndoha* va devant lui.
495   Si l'on constate qu'il ne s'est pas fendillé,
  C'est le tambour ancien qui est consacré ;
  Quant à l'autre, on le couvre et il va dans la réserve .
 
  On redresse Kiraagutse* et on l'examine.
  Si l'on constate qu'il s'est fendillé,
500   Celui de Gipfuna* va devant lui.
  Si l'on constate qu'il ne s'est pas fendillé,
  C'est le tambour ancien qui est consacré;
  Quant à l'autre, on le couvre et il va dans la réserve .
 
  Les Honorables* font leur entrée.
505   L'Umutsoobe pur trait,
  L'Umukoobwa pur trait,
  L'Umwenenyabirungu pur trait.
  Le lait et les boissons (IX, 221-223),
  On les dépose devant les tambours.
 
510   On va près de Karinga*
  Et on fixe dessus la peau du fond
  Pour que le lait et les boissons n'aillent pas par terre.
  On va près de Cyimumugizi*
  Et on fixe dessus la peau du fond
515   Pour que le lait et les boissons n'aillent pas par terre.
  On va près de Mpatsibihugu*
  Et on fixe dessus la peau du fond
  Pour que le lait et les boissons n'aillent pas par terre.
  On va près de Kiraagutse*
520   Et on fixe dessus la peau du fond
  Pour que le lait et les boissons n'aillent pas par terre.
 
  A présent on les redresse.
  On apporte un bel aspersoir
  De qualité royale.
525   Le roi et l'Umunyakabagari*
  Le trempent dans ledit lait (IX, 508) et dans lesdites boissons (IX, [508)
  Et aspergent l'intérieur de Karinga*
  En disant : «Voici des choses pures
  Puisse le roi être toujours pur,
530   Puissent les tambours du Rwanda être toujours purs,
  Puissent les hommes du Rwanda être toujours purs,
  Puissent les femmes être toujours pures,
  Puissent les vaches être toujours pures,
  Puisse le Rwanda être toujours pur !
 
535   Voici de la bière miellée et de l'hydromel :
  Puisse le roi avoir toujours de la bière miellée et de l'hydromel,
  Puissent les tambours avoir toujours de la bière miellée et de l'hydromel,
  Puissent les hommes avoir toujours de la bière miellée et de l'hydromel,
 
  Puissent les femmes avoir toujours de la bière miellée et de l'hydromel,
 
540   Puisse le Rwanda avoir toujours de la bière miellée et de l'hydromel!»
 
  Le roi et l'Umunyakabagari*
  Prennent les cœurs de Karinga*.
  Ils les déposent dedans en s'entraidant,
  Disant : «Voici les cœurs du tambour :
545   Puisse le roi avoir toujours du cœur,
  Puissent les tambours du Rwanda avoir toujours du cœur,
  Puissent les hommes du Rwanda avoir toujours du cœur,
  Puissent les femmes du Rwanda avoir toujours du cœur,
  Puissent les vaches du Rwanda avoir toujours du cœur,
550   Puisse le Rwanda entier avoir toujours du cœur !
 
  Voici un être vivace (IX, 415) :
  Puisse le roi être toujours vivace,
  Puissent les tambours être toujours vivaces,
  Puissent les hommes être toujours vivaces,
555   Puissent les femmes être toujours vivaces,
  Puissent les vaches être toujours vivaces,
  Puisse le Rwanda entier être toujours vivace !»
 
  Ils prennent les cœurs de Cyimumugizi*,
  Ils prennent les cœurs de Mpatsibihugu*,
560   Ils prennent les cœurs de Kiraagutse*,
  Ils les déposent dedans en s'entraidant
  Et prononcent les paroles précédentes ;
  Mais sur ces trois tambours dynastiques,
  On y ajoute chaque fois les mots suivants :
565   «Mais le tambour qui a du cœur est Karinga*».
 
  On apporte la peau de Karinga*
  Et on la lui étend sur le front.
  Le roi y fixe huit lanières,
  Au front et au fond.
570   Il cède la place à l'Umunyakabagari*
  Qui y fixe huit lanières,
  Au front et au fond.
  Ils chargent un ritualiste quelconque, qui sache couvrir,
  De couvrir, mais celui-ci laisse une lanière
575   Avec laquelle le roi achèvera lui-même.
 
  De même sur les trois autres tambours dynastiques,
  Le roi fixe huit lanières
  Au front et au fond.
  L'Umunyakabagari* procède de même,
580   Puis ils chargent un ritualiste quelconque qui sache couvrir,
  Et celui-ci laisse une lanière avec laquelle le roi achèvera.
 
  On apporte le briquet.
  Le descendant de Bwami* le délie.
  Le roi y fait une entaille quatre fois
585   Et le descendant de Bwami* fait une entaille quatre fois.
  Le roi roule le bâtonnet quatre fois
  Et le descendant de Bwami* roule le bâtonnet quatre fois.
  Ils roulent le bâtonnet au-dessus de ladite étoffe
  Qui provient de chez Ndungutse*, fils de Nkuuna* (IX, 199-200).
 
590   Quand le feu naît, on le recueille
  Et on le met dans un feu ordinaire.
 
  On apporte la peau du briquet (IX, 197)
  Et le roi fixe quatre lanières
  Au front et au fond.
595   Il charge le descendant de Bwami*
  De fixer aussi quatre lanières
  Au front et au fond.
  On passe à quiconque sait faire un travail soigné
  Et celui-ci laisse une lanière avec laquelle le roi achèvera.
 
600   A ce moment donc nous avons l'année devant nous,
  La lune est Ukwakira*,
  Les cheveux repoussent à peine.
  Le devin qui est chargé de l'aspersoir est un Umuroha*
  Les marteaux qui montent la garde sont les imiyobora* ;
605   Les autres sont dans leur niche chez Cyirima*.
 
  On fait les présentations au roi le matin
  Et on le salue quand il le désire.
  On lui fait les présentations le soir
  Et il se couche quand il le désire.
610   Le rythme qu'on bat pour le coucher est l'ibihubi* ;
  Le rythme qu'on bat pour le lever est l'ibihugu*.
 
  A ce moment on couvre tous les tambours dans le Rwanda.
  Celui qui en possède un sans posséder de vaches
  Le couvre d'une peau de mouton.
615   Celui qui n'a pas de mouton met dessus de l'écorce de ficus umutaaba.
  Mais si quelqu'un n'a rien de tout cela,
  Son tambour va dans un site sacré ikigabiro
  Et il ne doit plus jamais rendre le culte aux Ancêtres.
 
  Le peuple entier fait tailler une peau
620   20 D'un seul ton, brun uni,
  Sans y attacher de franges.
  La ceinture est ene tresse de fibres
  Celui qui n'en possède pas emploie une écorce d'umutaaba ;
  Celui qui ne possède pas de celui-ci emploie du papyrus ;
625   Celui qui n'a pas cela croise les peaux des pattes antérieures.
 
  On couvre les tambours dynastiques pendant huit jours ;
  Le neuvième, le roi vient achever.
  Il commence par achever sur Karinga*,
  Puis il achève sur Cyimumugizi*,
630   Puis il achève sur Mpatsibihugu*,
  Puis il achève sur Kiraagutse*;
  En dernier lieu, il achève sur le briquet.
 
  On creuse au milieu de l'enclos
  Et on sépare celui-ci en deux au moyen de terre
635   Pour que les vaches ne se mêlent pas aux animaux sauvages.
 
  Les défroques des tambours vont à part
  Et celles du briquet sont enterrées à part.
  On amène un taureau des Batailleuses*,
  On le sacrifie et on recueille son sang.
640   On en enduit lesdits tambours dynastiques (IX, 628-631).
  Entretemps on a fait de la divination au sujet de leur lieu de résidence,
  Soit chez le père du roi, soit chez son grand-père.
  Le roi y va et invoque les Ancêtres.
  On lui présente les marteaux,
645   On lui présente le briquet,
  Il s'assied sur le trône
  Et le tambour salue.
 
  Les tambours dynastiques font leur entrée.
  Karinga* fait son entrée,
650   Le roi y bat le rythme igihubi* quatre fois
  Et le passe au descendant de Nyabirungu*
  Il y bat le rythme ibihubi* quatre fois
  Et le passe au descendant de Nyamigezi*, qui le présente.
 
  Cyimumugizi* fait son entrée,
655   Le roi y bat le rythme ibihubi* quatre fois
  Et le passe à l'Umutandura
  Pour y battre le rythme ibihubi* quatre fois.
  Quand celui-ci a fini, il le présente lui-même.
 
  Mpatsibihugu* fait son entrée,
660   Le roi y bat le rythme ibihubi* quatre fois
  Et le passe à l'Umutandura
  Qui y bat le rythme igihubi* quatre fois.
  Ensuite, celui-ci le présente lui-même.
 
  Kiraagutse* fait son entrée,
665   Le roi y bat le rythme ibihubi* quatre fois
  Et charge le descendant de Nyabirungu*
  D'y battre le rythme ibihubi* quatre fois.
  Celui-ci charge le descendant de Nyamigezi* de le présenter.
 
  Les tambours se rangent en ordre de bataille,
670   Alignés au centre du seuil.
  Les Honorables font leur entrée.
  L'Umutsoobe pur trait
  Et cède la place à l'Umukoobwa pur, qui trait
  Celui-ci cède la place à l'Umwenenyabirungu pur, qui trait.
 
675   On apporte deux cruches de bière de sorgho miellée,
  Deux cruches d'hydromel
  Et du lait dans quatre pots inkongooro ;
  On les dépose devant les tambours.
  Le roi apporte un étui à chalumeaux
680   Et boit desdites boissons.
 
  Les enfants des ritualistes boivent le lait.
  Les ritualistes principaux consomment les boissons fermentées.
  Les tambours se retirent et vont sur l'étagère.
 
  Le soir, le roi accueillera.
685   Le lendemain matin,
  Les tambours retournent chez Cyirima* (ou chez Mutara*).
  L'héritier présomptif du roi s'en va,
  Un membre du clan Tsoobe* part avec lui.
  C'est le seul moment où tous les prêtres
690   Apprennent qui est l'héritier présomptif du roi.
  Autrement il n'est connu que d'une seule personne
  Ou de deux, que son père a informées.
 
  Ils cueillent des momordiques dans le Gisiizi*,
  Ils traversent dans le Gisiizi*
695   Et à Kaamaato*-sur-Mugwato.
  Ils marquent un certain nombre d'arbres
  Selon les instructions de la cour. Le prince héritier fait le geste de couper quatre fois
  Et le Tsoobe* fait le geste de couper quatre fois :
  Ensemble, ils miment le geste d'étendre
700   Ils chargent les passeurs de les remplacer
  Et les quittent après avoir mesuré pour eux la hauteur de chaque fût.
 
  Le prince héritier rentre chez lui.
  Un membre du lignage Abatsobe va puiser de l'eau à Kabuye*:
  Il descend avec des fonctionnaires de Gakondo et des Abariiza*,
705   Il ouvre l'enclos à Rwezangoro*
  Et les fonctionnaires de Gakondo curent la source.
  Quand celle-ci est propre
  On décape la terre et on construit un gîte.
 
  En outre, on fixe les piliers de l'entrée de l'enclos
710   En se servant de ladite eau qui a été puisée à Kabuye* (IX, 703).
  Les appuis de l'entrée de la maison, les renforts de l'armature
  Et les montants de l'armature
  Sont fixés à l'aide de ladite eau de Kabuye* (IX,703).
  On rompt ces perches, mais on ne les coupe pas.
715   On couvre la maison d'herbe urukangaga arrachée à la main,
  On tapisse le sol d'ivubwe et de mormordiques.
 
  L'Umutsoobe* traverse
  Et prend pied dans le Gatsaata*, à Rwamutara*.
  Il ouvre également l'enclos de cet abreuvoir.
720   Les Abariiza* curent celui-ci.
  Quand il est propre,
  L'Umutsoobe va bâtir un gîte pour le roi
  Les piliers de l'entrée de l'enclos,
  Les appuis de l'entrée, les renforts de l'armature
725   Et les montants de l'armature
  Sont fixés à l'aide de ladite eau de Kabuye (IX, 703).
  L'Umutsoobe va à Muganza* de Kigari*
  Et y délimite les emplacements.
  Les piliers de l'entrée de l'enclos,
730   Les appuis de l'entrée de la maison, les renforts de l'armature
  Et les montants de l'armature
  Sont fixés à l'aide de ladite eau de Kabuye* (IX, 703).
  L'Umutsoobe retourne à la cour.
 
  On amène un taureau, on amène une vache stérile,
735   De l'hydromel et de la bière de sorgho miellée.
  Le roi charge le Tsoobe* de la commission suivante
  «Va à Gaseke* dire à Cyirima*
  Ceci : 'C'est au roi qui a fait attendre les vaches
  De les conduire ensuite à l'abreuvoir.'
740   Et ceci : 'Abreuve pour lui et lui abreuvera pour toi !
  Va-t-en vaincre les épizooties dans le Rwanda !'»
  L'Umutsoobe va jusqu'à Gaseke*.
  Alors Rugabo* salue.
  Les deux bêtes (IX, 734) se tiennent dans l'enclos.
745   Il pose les boissons (IX, 735) au centre du seuil,
  S'agenouille et bat des mains
  En disant: «Dieu soit toujours avec toi, Cyirima* !
  Mutara* m'a chargé de te dire : 'Voici des boissons,
  De l'hydromel et de la bière de sorgho miellée,
750   Voici un taureau et une vache stérile.'
  Il te fat dire : 'C'est au roi qui a fait attendre les vaches
  D'aller ensuite les abreuver.
  Va-t-en vaincre pour lui.
  Abreuve pour lui et lui abreuvera pour toi.'»
 
755   Le ritualiste de Gaseke* se lève,
  Entre dans la maison pour offrir des cadeaux à son patron
  Et répète ledit message de la cour.
  On sacrifie le taureau et la vache stérile.
  Le ritualiste de Gaseke* reste pour répartir la viande.
760   Il fait jeter sur la Kayumbu* un pont
  Que l'on surveille de nuit sur les deux rives
  Il fixe un délai en accord avec la cour.
 
  A ce moment donc, les troupeaux de vaches ont été formés.
  Les Honorables* sont cinquante,
765   Les Royales* sont cinquante,
  Celles de Mazinga sont cinquante,
  Celles du Bungo sont cinquante.
  Toutes ensemble, les vaches sont deux cents,
  Plus leurs deux taureaux,
770   Provenant tous deux des Honorables*,
  Lesquels sont en surnombre.
  Ces troupeaux comportant tel nombre de vaches
  Ont été formés par le ritualiste de Gaseke*.
  A la cour également on a atteint ce nombre.
 
775   Quant A la mariée et à ses compagnes (IX, 145-171),
  Leurs pots ibicuba provenant de chez les Honorables*
  Ont été tous remplis
  Soit à la cour, soit à Gaseke*.
 
  Les passages ont été désignés par divination,
780   Soit celui d'imaana*, soit celui de Nzovi*.
  On a fait la divination mentale et par la graisse.
  Le passage désigné l'a été par une seule boule de graisse.
  Pour celui de Kinani* seul on n'a pas fait de divination.
 
  Quand donc le délai est écoulé,
785   Mutara* s'en va
  Passer la nuit à Rubona-lez-Vugiza.
  On lui présente les marteaux et le briquet,
  Le tambour des saluts salue,
  Les tambours dynastiques font leur entrée
790   Et sont présentés au roi sans que celui-ci y batte le rythme
  ibihubi*,
  Puis ils vont sur l'étagère.
 
  Quand Cyirima* va prendre le départ,
  On emballe deux feux.
  On entretient l'un en son honneur pendant le voyage,
795   On met l'autre dans la cour arrière
  Après l'avoir éteint avec l'eau de Bugongi*
  En disant : «Puissions-nous faire gémir le Bushuubi* sur le tambour,
  Puissions-nous faire gémir le Burundi* sur le tambour,
  Puissions-nous faire gémir le Bunyabungo* sur le tambour ;
800   Tous les pays qui ne paient pas tribut au roi,
  Puissions-nous les faire gémir sur le tambour !»
 
  Gishyoza* salue le roi pendant le voyage (XV, 199)
  Et Banguhirubusa* trône en son honneur pendant le voyage.
  Rugabo* va à Museenyi*, chez les Abakoobwa.
805   On l'en ramènera quand Mutara* (XV, 194-195)
  Sera venu trôner pour les vaches à Gaseke* (XV, 193).
 
  On marche en portant les palanquins sur l'épaule droite.
  On apporte une cloison en ingese,
  On la met à l'entrée de la maison
810   Et on y perce deux trous.
  On met une autre cloison à l'entrée de l'enclos
  Et on y perce deux trous.
  Quand on arrive sur la place publique,
  On porte les palanquins sur les deux épaules,
815   L'une après l'autre, à volonté.
 
  En cours de route on éclaire une piste
  De fourmis rouges et une de serpent.
 
  On fait halte à Taaba* en Rukoma*.
  On marche toute la nuit
820   Et l'on campe quand le jour va se lever.
 
  Mutara* s'en va de Rubona*
  Passer la nuit à Ruhogo*-sur-Mibiriizi.
  Quand il y arrive, on lui présente les marteaux
  Et on lui présente le briquet,
825   Le tambour des saluts salue.
  Les tambours dynastiques font leur entrée,
  On les présente au roi sans que celui-ci y batte le rythme ibihubi*,
  Puis ils vont sur l'étagère.
 
  A la tombée du soir, Cyrima* s'en va.
830   Et en chemin on éclaire une piste
  De fourmis rouges et une de serpents.
  Il loge à Nyarusange* en Rukoma*.
  L'un reste deux jours à un endroit et l'autre à l'autre.
 
  Mutara* s'en va de Ruhogo*
835   Passer la nuit à Rubona*-lez-Gihara
  L'Umutsoobe consacré lui cède son enclos.
  Quand il y arrive, il trempe lesdites semences
  Dans ladite petite auge en umusumba (IX, III)
  Afin qu'elles parviennent à l'abreuvoir ayant déjà germé (IX, 858).
 
840   Le lendemain, le membre du clan Tsoobe* va
  Jusqu'à Mukore-lez-Rubona
  Couper des bâtons d'umukore
  Et des émouchoirs en umuganza.
  Il va à Muganzacyaro-lez-Runda
845   Couper des émouchoirs en umuganza,
  Des bâtons d'umuganza
  Et des émouchoirs en umucyuuro.
 
  Le soir, Cyirima* s'en va.
  En chemin on éclaire une piste
850   De fourmis rouges et une de serpent
  Il loge à Nyundo* citérieur.
 
  Desdits émouchoirs et desdits bâtons (IX, 842-847) ;
  On fait deux parts,
  Et on partage de même lesdits bouchons (IX, 202 ?).
855   Une moitié reste à la cour,
  L'autre va à la rencontre de Cyirima*,
  Là où il loge à Nyundo* citérieur.
 
  Entre-temps lesdites semences ont germé (IX, 837-837).
  Alors Mutara* s'en va.
860   Audit passage désigné par divination,
  On rassemble lesdites barques (IX, 696).
  Le roi va dans une barque
  Avec son héritier présomptif et la mère de celui-ci.
  Les tambours dynastiques vont dans des barques.
 
865   Quant auxdits taureaux (IX, 763 sqq), on les maintient sur place,
  Et toutes les vaches, on les pousse dans l'eau.
  Les mariées vont dans des barques.
  Si une vache est emportée par le courant,
  On s'arrête et l'on s'attend mutuellement.
 
870   Les femmes Abariiza* primipares
  Acclament le roi en se tenant sur l'autre rive.
  Le roi débarque et prend pied sur le sol.
  Ce passage ne doit pas être franchi par du tabac
  Ni du sel, ni par une personne affligée d'un handicap quelconque.
875   Ceux-là traversent au passage de Rubumba*.
 
  Puis le roi passe la nuit à Bwima* de Nyamweru*.
  On lui présente les marteaux dès son arrivée,
  On lui présente le briquet,
  Le tambour des saluts salue.
880   Les tambours dynastiques font leur entrée,
  On les lui présente sans qu'il batte le rythme ibihubi*,
  Puis ils vont sur l'étagère.
 
  Quand la nuit est tombée, Cyirima s'en va.
  En chemin on éclaire une piste
885   De fourmis rouges et une de serpents.
 
  Il traverse au passage de Kinani* ;
  Celui-ci est le passage pour lequel on ne fait pas de divination (IX,
  783).
  Le roi va dans une barque avec son prêtre
  Et le fils de celui-ci qui sera le futur chef de famille
890   Et la mère de ce fils.
 
  Tous les conservateurs des momies des rois traversent là,
  De même que tous ceux des reines-mères.
  Leurs vaches de voyage et les autres gens
  Traversent à d'autres passages,
895   Ceux de Nketsi*, en amont.
  Cyirima* loge à Nyundo* ultérieur.
 
  Le lendemain Mutara* se lève de grand matin
  Et se rend à l'abreuvoir du Muhima* selon le protocole.
  Il prend la lance Rwamutara* (IX, 49, 69)
900   Et porte sur lui le briquet.
  Le singe le précède,
  Avec les fonctionnaires de la Première Maison tenant les marteaux.
  On lui présente les marteaux dès son arrivée,
  On lui présente aussi le briquet.
905   Le tambour des saluts salue.
  Les tambours dynastiques font leur entrée
  Et sont présentés au roi sans que celui-ci y batte le rythme ibihubi*,
  Puis ils vont sur l'étagère.
 
  Le roi verse du lait dans les barattes de toutes les dames
910   En commençant par la mère de l'héritier présomptif. (IX, 775)
  Elles barattent avec l'aide du roi
  Ainsi que celle de leurs frères.
  Les dames sortent, les ritualistes restent à baratter.
  L'Umutsoobe met sur le roi Rwamutara*
915   Enfilée sur des poils de queue d'éléphant.
  Il lui met autour de la taille les pagnes de l'Umuganura
  Et le cœur de la vache qui a été désignée comme favorable à l'abreuvage
  L'Umutsoobe* emballe deux feux,
  Il prend un semoir, des houes et un pot igicuba
920   Et va dans la dite terre retournée (IX, 708).
  Le roi ramasse le chiendent, il charge L'Umutsoobe* d'en ramasser,
  Celui-ci charge le descendant de Mumbogo* d'en ramasser,
  Celui-ci charge le descendant de Myaka* d'en ramasser.
  Ensuite le roi sème les semences du deuxième jour ;
925   Il charge le Tsoobe* de semer les semences du deuxième jour ;
  Celui-ci charge le descendant de Mumbogo* de semer les semences du deuxième jour ;
  Celui-ci charge le descendant de Myaaka* de ramasser le chiendent du deuxième jour.
  Le Tsoobe* prend le pot igicuba (IX, 919) et le feu (IX, 918)
  Et précède le roi.
930   Quand il arrive à l'abreuvoir de Rwezangoro*,
  Le roi va dans la source.
  Il lance le pot igicuba pour le passer à l'Umutsoobe*,
  Le Tsoobe* le passe au descendant de Mugunga*,
  Le descendant de Mugunga* le passe à celui de Munyiga*,
935   Celui de Munyiga* le passe à celui de Cyambwe*.
  Ils lancent le pot igicuba huit fois ;
  La neuvième fois, le roi quitte la source en l'emportant
  Avec son uburezi*.
  Ensuite le roi ne retourne plus à la source :
940   C'est l'Umutsoobe* qui y va lancer le pot.
  Il le passe au descendant de Mugunga*,
  Le descendant de Mugunga* le passe à celui de Munyiga*,
  Celui de Munyiga* le passe à celui de Cyambwe*.
  Quand la cuve est pleine d'eau,
945   L'héritier présomptif du roi
  Prend les dits bâtons et les dits émouchoirs (IX, 842-847)
  Et va appeler les vaches à l'abreuvoir.
  Les ritualistes principaux, qui sont restés là,
  Font un feu avec les dits bouchons à l'abreuvoir (IX,202,854).
950   Le dit héritier donc appelle à l'abreuvoir les vaches,
  Qui viennent huit par huit,
  Avec un taureau faisant le neuvième.
  L'héritier arrive avec le premier flux.
  Quand il va atteindre la cuve,
955   Il passe en contre-haut du sentier.
  Les dits bâtons et les dits émouchoirs,
  Il les présente au roi.
  Le roi émouche lui-même ses bêtes,
  Car le dit héritier ne les abreuvera pas :
960   Il sera intronisé sous le nom de Kigeri*.
  Le taureau de Mutara* va s'abreuver:
  Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
  Celui des Tsoobe* va s'abreuver :
  Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
965   Celui des descendants de Mugunga* va s'abreuver :
  Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
  Celui des descendants de Munyiga* va s'abreuver :
  Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
  Celui des descendants de Cyambwe* va s'abreuver :
970   Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
  Le Tsoobe* prend le semoir (IX, 919),
  Il prend le pot igicuba (IX, 919) et les houes (IX, 919), et l'on quitte l'abreuvoir.
  Quand on arrive chez le roi,
  Toutes les dites promises qui ont baratté (IX, 911 ),
975   On a mis leurs mottes de beurre dans le pot igicuba
  De la mère de l'héritier présomptif.
  Le roi s'assied sur le trône.
  Le Tsoobe*lui présente le semoir,
  Il lui présente aussi les houes,
980   Il lui présente aussi le pot igicuba.
  Les Honorables* font leur entrée et sont présentées solennellement ;
  L'Umuheeka* trait et présente le lait.
  Le roi trait dans le même pot jusqu'à l'emplir,
  Et l'on dit : «Puisses-tu emplir le Rwanda de vaches,
985   Puisses-tu emplir le Rwanda de lait,
  Puisses-tu emplir le Rwanda du roi !»
  Le roi entre dans la maison avec le dit lait,
  S'assied et boit de ses vaches.
  Il touche le dit uburezi* (IX, 938) et la dite motte de beurre (IX, 975) ;
990   Sa femme et lui s'oignent mutuellement, et le roi fait l'acte.
  Il sort ; lorsqu'il va dehors,
  La fille de son oncle paternel (IX, 172) l'acclame ;
  On la récompense d'une vache allaitant un veau femelle.
  Au-delà, dans le Gatsaata* également,
995   Le ritualiste de Gaseke* est allé abreuver.
  Gishyoza* le salue.
  Il verse du lait dans les barattes de dites promises (IX, 775),
  En commençant par la mère de son chef de famille.
  La promise de Ndabarasa* reçoit du lait,
1000   Celle de Sentaabyo reçoit du lait
  Celle de Gahindiro* reçoit du lait,
  Celle de Rwogera* reçoit du lait,
  Celle de Rwabugiri* reçoit du lait,
  Celle de Musinga* reçoit du lait.
1005   Les femmes déposent leur baratte et sortent,
  Et les ritualistes restent dans la maison à baratter.
  Ce ritualiste est parti après avoir mis sur un patron
  Rwacyirima* enfilée sur des poils de queue d'éléphant.
  Quant à la queue de lièvre, Cyirima* la porte toujours (XV, 64).
1010   Le ritualiste donc va le premier dans la source
  Il puisse de l'eau et présente le pot au ritualiste de Ndabarasa*.
  Le ritualiste de Ndabarasa* le passe à celui de Sentaabyo*,
  Celui de Sentaabyo* le passe à celui de Gahindiro*,
  Celui de Gahindiro* le passe à celui de Rwogera*,
1015   Celui de Rwogera* le passe à celui de Rwabugiri*,
  Celui de Rwabugiri* le passe à celui de Musinga*.
  Le dit ritualiste lance ainsi le pot igicuba neuf fois.
  La neuvième fois, il quitte la source avec l'uburezi*.
  Le ritualiste de Ndabarasa* va dedans,
1020   Puise et passe le pot à celui de Sentaabyo*,
  Celui de Sentaabyo* le passe à celui de Gahindiro*,
  Celui de Gahindiro* le passe à celui de Rwogera*,
  Celui de Rwogera* le passe à celui de Rwabugiri*,
  Celui de Rwabugiri* le passe à celui de Musinga*.
1025   Quand la cuve est pleine d'eau,
  Le fils de ce ritualiste qui sera chef de famille
  Prend les dits bâtons et les dits émouchoirs (IX, 842-847, 852).
  Les ritualistes font un feu avec les dits bouchons (IX, 202, 854) à l'abreuvoir.
  Le fils du ritualiste va appeler à l'abreuvoir les vaches qui ont attendu;
1030   Il arrive avec un flux de huit vaches
  Et leur taureau faisant le neuvième.
  Quand elles vont atteindre la cuve,
  Le dit fils passe en contre-haut.
  Il passe les bâtons et les émouchoirs à son père ;
1035   Celui-ci émouche les bêtes de Cyirima*.
  Le taureau de Ndabarasa* boit et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Sentaabyo* boit et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Gahindiro* boit et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Rwogera* boit et quitte l'abreuvoir,
1040   Celui de Rwabugiri* boit et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Musinga* boit et quitte l'abreuvoir.
  Le ritualiste de Ndabarasa* prend le pot igicuba (IX, 1011).
  On quitte l'abreuvoir pour aller à Nyundo* ultérieur.
  Quand on arrive, la motte de beurre provenant des dits pots igicuba,
1045   On l'a amassée dans le pot de la mère du chef de famille (IX, 998).
 
  Quand le ritualiste est arrivé là,
  Il s'assied sur le trône à l'entrée de la maison.
  Le ritualiste de Ndabarasa* lui présente le pot igicuba
  Et le ritualiste à son tour le présente à son patron.
1050   Les Insanga* font leur entrée et le Heeka* trait.
  Quand il a présenté le lait,
  Le ritualiste de Cyirima* emplit le pot
  En disant : «Puisses-tu emplir le Rwanda de vaches,
  Puisses-tu emplir le Rwanda de lait,
1055   Puisses-tu emplir le Rwanda du roi !»
  Il entre avec le dit lait dans la maison
  Et commence par oindre son patron avec l'uburezi*,
  Puis il revient en arrière et touche la dite motte de beurre (IX, 1045);
  Sa femme aussi la touche et ils s'en oignent mutuellement,
1060   Puis il fait l'acte et sort.
  Or en deçà dans le Muhima*
  Le roi a dormi dans la dite peau (IX, 126, 207).
  Le lendemain, il va recommencer,
  Mais sans aller dans la source.
1065   C'est le Tsoobe* qui y pénètre
  Et passe le pot au descendant de Mugunga*.
  Le descendant de Mugunga* le passe à celui de Munyiga*,
  Celui de Munyiga* le passe à celui de Cyambwe*
  Celui de Cyambwe* verse dans la cuve.
1070   On puise de l'eau jusqu'à la remplir.
  Le taureau de Mutara* va s'abreuver,
  Le taureau des Tsoobe* va s'abreuver,
  Celui des descendants de Mugunga* va s'abreuver,
  Celui des descendants de Munyiga* va s'abreuver,
1075   Celui des descendants de Cyambwe* va s'abreuver,
  Celui des descendants de Byinshi* va s'abreuver.
  Ce dernier reçoit des coups en même temps que son maître,
  Mais sans qu'on fasse couler le sang de celui-ci.
  Mutara* quitte l'abreuvoir et on lui présente le pot igicuba (IX, 1066).
 
1080   Au-delà, dans le Gatsaata* également,
  Le ritualiste de Gaseke* est allé recommencer,
  Mais il n'a pas pénétré dans la source.
  C'est le ritualiste de Ndabarasa* qui y pénètre,
  Lance le pot igicuba et le passe à celui de Sentaabyo*.
1085   Celui de Sentaabyo* le passe à celui de Gahindiro*,
  Celui de Gahindiro* le passe à celui de Rwogera*,
  Celui de Rwûgera* le passe à celui de Rwabugiri*,
  Celui de Rwabugiri* le passe à celui de Musinga*.
  Le taureau de Cyirima* va s'abreuver :
1090   Il boit, puis quitte l'abreuvoir.
  Celui de Ndabarasa* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Sentaabyo* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Gahindiro* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Rwogera* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir,
1095   Celui de Rwabugiri* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir,
  Celui de Musinga* va s'abreuver et quitte l'abreuvoir.
  Le ritualiste de Ndabarasa* quitte l'abreuvoir avec le pot igicuba (IX, 1083).
  On rentre et il le présente au ritualiste.
  En deçà, dans le Muhima*, le lendemain,
1100   Mutara* va faire l'abreuvage pour les Ibibanda*
  Sans pénétrer dans la source ; c'est le Tsoobe* qui y va
  Et présente le pot au descendant de Mugunga*.
  Le descendant de Mugunga* le présente à celui de Munyiga*,
  Celui de Munyiga* le présente à celui de Cyambwe*.
1105   On puise de l'eau jusqu'à remplir la cuve,
  On appelle les taureaux à l'abreuvoir. Mutara* abreuve celui des Abega*,
  Il abreuve celui des Kono* et celui des Abaha*,
  Il abreuve celui des Abagesera* et celui de Rwesero*.
  On quitte l'abreuvoir et on présente le pot igicuba au roi.
1110   Au-delà, dans le Gatsaata* également,
  Le ritualiste de Gaseke* a fait l'abreuvage, pour les reines-mères.
  Il n'a pas pénétré dans la source, c'est le ritualiste de Ndabarasa* qui y va.
  Il présente le pot à celui de Sentaabyo*,
  Celui de Sentaabyo le présente à celui de Gahindiro*,
1115   Celui de Gahindiro* le présente à celui de Rwogera*,
  Celui de Rwogera* le présente à celui de Rwabugiri*,
  Celui de Rwabugiri* le présente à celui de Musinga*.
  On puise de l'eau jusqu'à remplir la cuve.
  Le taureau de Nyiratamba* va s'abreuver, puis quitte l'abreuvoir,
1120   Celui de Nyiratunga* va s'abreuver, puis quitte l'abreuvoir,
  Celui de Nyiramongi* va s'abreuver, puis quitte l'abreuvoir,
  Celui de Murorunkwere* va s'abreuver, puis quitte l'abreuvoir,
  Celui de Kanjogera* va s'abreuver, puis quitte l'abreuvoir.
  On quitte l'abreuvoir, et le ritualiste de Ndabarasa* lui présente le pot igicuba.
1125   Le lendemain, en deçà et au-delà,
  On recommence pour les Ibibanda* et pour les reines-mères comme
  Au-delà et en deçà, les plateaux sont huit. [ci-avant.
  Les ceintures des reines-mères sont enterrées dans le Gatsaata*.
  Ce jour-là Mutara* passe la nuit à Bwima*
1130   Et y attend son ancêtre.
  Quand tombe la nuit, son aïeul prend le départ.
  En chemin on éclaire une piste
  De fourmis rouges et une de serpents.
  On loge à Bugaragara*
1135   Et passe la journée suivante à ce même endroit.
  Quand tombe la nuit, on se met en route,
  On éclaire une piste
  De fourmis rouges et une de serpents.
  On loge à Ngombe* de Remeera.
1140   Il y passe la journée suivante ; le soir il se met en route
  Et l'on loge à Gitambi*.
  Le pont du taureau, qui aboutit à Rutare*,
  Est déjà complètement construit.
  On envoie aux Nyaatwa* le breuvage qui lie au secret
1145   Et on prend de ceux-là un nombre égal à celui des Kemba*.
  Le soir, on prend le départ.
  En chemin on éclaire une piste
  De fourmis rouges et une de serpents.
  Cette nuit-là, le moment convenu est là :
1150   Mutara* rentre à Muganza*.
  Quand Cyirima* arrive sur la place publique,
  Près de son enclos de Rutare*,
  Une fille Nyaatwa* verse du lait,
  Le baratte jusqu'à obtenir du beurre et boit du lait.
1155   Elle s'enduit de ce beurre
  Et va l'accueillir avec une longue lance et une flèche.
  Quand il va arriver dans l'enclos,
  On porte son palanquin sur l'épaule droite.
  La dite fille sort de la maison,
1160   Marche en poussant des acclamations
  Et croise Cyirima*
  Sans jeter un regard en arrière.
  Les Kemba* entrent et passent la nuit à cet endroit.
  Le lendemain matin, le dit ritualiste sort,
1165   Il sort avec la lance de son patron.
  Le ritualiste de Ndabarasa* sort aussi avec la sienne,
  Celui de Sentaabyo* sort aussi avec la sienne,
  Celui de Gahindiro* sort aussi avec la sienne,
  Celui de Rwogera* sort aussi avec la sienne,
1170   Celui de Rwabugiri* sort aussi avec la sienne,
  Celui de Musinga* sort aussi avec la sienne.
  Les servantes des reines-mères viennent
  Traverser au passage de Kinani*.
  On met la barque dans la Nyamagana*,
1175   Et elle ne fera plus jamais la traversée.
  Le chemin est celui de Bihongori*.
  On attaque le Bukunzi*.
  Avant leur arrivée, on a épié un habitant du Bukunzi*.
  Le ritualiste de Gaseke*
1180   Le frappe le premier avec la lance de son patron.
  Celui de Ndabarasa*, celui de Sentaabyo*,
  Celui de Gahindiro*, celui de Rwogera*,
  Celui de Rwabugiri*, et celui de Musinga*
  Enfoncent simultanément dans son corps les lances de leur patron.
1185   On razzie à cet endroit une vache allaitant un veau mâle,
  Une brebis allaitant un agneau,
  Une femme allaitant un garçon
  Et un coq avec sa poule.
  Les servantes des reines-mères y razzient
1190   Une meule avec la pierre meulière,
  Une marmite à pâte, un mortier,
  Un pilon, des vans igitaro,
  Des paniers igitimbiri et des vans intaara.
  Les lances des rois sont sur les épaules,
1195   Sans toucher le sol du talon.
  Ils reviennent ensemble de la guerre par le chemin du départ.
  Quand ils arrivent à Ruyenzi*,
  Le Roha* vient les asperger.
  On traverse au passage de Nyaruteeja*.
1200   Les guerriers de toutes les compagnies
  S'oignent à Kiisiigiro*,
  Ils se mêlent aux compagnies qui sont revenues de l'expédition du Bukunzi*
  Et s'exhibent devant le roi.
  Le lendemain, le ritualiste de Gaseke*
1205   Reçoit des vaches pour récompenser
  Avec les paroles suivantes : «Le brave est récompense :
  Voici des vaches à porter à ton patron.»
  Le dit ritualiste les emmène à Rutare*
  Et récompense Cyirima*,
1210   Il récompense aussi tous les Kemba,
  Autant qu'il y en a eu à Gaseke*.
  S'il en manque pour un, on en fait chercher d'autres.
  A la cour également, le Tsoobe*
  Récompense le roi,
1215   Puis le roi récompense le Tsoobe*,
  Et tous les ritualistes sont récompensés.
  S'il manque une vache pour l'un d'eux, on en demande encore une
  Le Tsoobe* sort un tambour, [pour lui.
  Le met sur la place publique
1220   Et lui donne un coup de baguette
  En disant : «J'abolis les esprits des morts.
  Que chacun rende le culte à son père et à son grand-père,
  A celui des deux qu'il préfère, et les autres ne comptent plus !»
  Les dites lances qui sont revenues de la guerre du Bukunzi*,
1225   On les emporte avec Rwegekangabo*.
  Les corps de rois se mêlent au peuple.
  Les Tsoobe* reçoivent tous le breuvage qui lie au secret.
  Si l'un d'eux était sur sa colline, il la quitte.
  Ils vont rejoindre les tambours à Muganza*.
1230   Les tambours dynastiques restent à Muganza*.
  Les taureaux sont à Karama*.
  Mutara* bâtit une capitale de plus
  Dans le Bwanacyambwe* uniquement.
  Les tambours sont ramenés de Muganza*
1235   Uniquement pour aller inaugurer cette capitale.
  Quand c'est terminé, ils retournent à Muganza*.
  Les taureaux quittent Karama* pour être présentés solennellement.
  De même, ils retournent ensuite à Karama*.
  A la fête des prémices et lors de l'abolition de gicuraasi*,
1240   Les tambours arrivent de Muganza*.
  Les taureaux de même arrivent de Karama*.
  Quand les cérémonies publiques sont terminées à la cour,
  Les tambours retournent à Muganza*
  Et les taureaux retournent à Karama*.
1245   Quand à la cour on accomplit des vœux dans la maison principale,
  Les taureaux quittent Karama*
  Et viennent faire leur entrée dans le cadre de ces rites.
  Quand ils ont été présentés solennellement, ils se retirent
  Et retournent à Karama*.
1250   Les épizooties sont abolies dans le pays.
  Le roi atteint une extrême vieillesse
  Et sa toison blanchit.


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