GakondoLes Rituels de l'Ubwiruprésentée par
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Comme il a été indiqué sur la page introductive de ce site web, le terme «ubwiru » s'applique à l'ensemble de rituels royaux du Rwanda ancien. Les textes de ces rituels furent dictés à Alexis Kagame en 1945 par les Abiru, les spécialistes qui en conservaient les textes leur mémoire. La version éditée par M. d'Hertefelt et A. Coupez (1964, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, Belgique), comprend « le texte en langue rwandaise et la traduction française juxtalinéaire de dix-sept des dix-huit morceaux (appelés inzira, voies) que comporte le rituel royal ». Le texte manquant serait le Rituel des taureaux royaux, Inzira y'Amapfizi.
L'originalité des rites royaux rwandais est soulignée dans l'Encyclopédie bibliographique « Société, Culture et Histoire du Rwanda », en quelques mots : "Le Rwanda se distingue par la fermeté des traditions qui se rapportent aux rites royaux. Ceux-ci étaient contenus dans un texte, appelé Ubwiru, dont aussi bien la forme que la substance devaient être transmises de génération en génération par un corps de spécialistes (abiru)." (Marcel d'Hertefelt & Danielle de Lame, Société, Culture et Histoire du Rwanda. Encyclopédie bibliographique 1863 - 1980/87, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, Belgique, 1987.) Trois Rituels annuels Le rituel de Gicuraasi est célébré tous les ans, à partir de la phase sombre de la lune qui lui a donnée ce nom , et qui correspond à la lune du Bélier (Mars-Avril). Cette première partie du rituel consiste en une période d'abstinence, appelée "Icyunamo cya Gicuraasi, qui prépare les grandes cérémonies du « Relèvement », ou «Icyunamuro », qui se déroulent à la pleine lune de Kamena, correspondant au Taureau (Avril-Mai). Suit alors un grand festival populaire appelé «Ibirori bya Kamena», dont le texte du rituel nous apprend qu'il durait quatre jours au moins. Ce rituel comporte donc deux aspects distincts : Il faut noter que ces deux séries de rites, quoique distinctes, s'enchaînent aussi logiquement justifie qu'elles soient regroupées dans un seul et même texte, sous un titre ne mentionne que le mois du début des cérémonies : Inzira ya Gicuraasi » - la Voie de Gicuraasi. Point intéressant : le fait que, malgré le titre du rituel, la majeure partie des cérémonies se déroulent en fait en Kamena, a amené Alexis Kagame à penser que le mois lunaire « Gicuraasi » correspondait au mois de Mai. Cette conclusion erronnée est à l'origine d'une autre erreur, qui perdure au Rwanda : Ces deux séries de rituels sont suivies de la Grande Fête de l'Umuganura, ou Fête des Prémices de Sorgho, que l'on célèbre à la pleine lune de Nyakanga (Gémeaux/Gemini, Mai-Juin), soit la première pleine lune de la grande saison sèche, icyi. En réalité, nous n'avons que peu d'information sur les conceptions des anciens Rwandais en matière de calendrier, au-delà des références indirectes faites dans les rituels de l'Ubwiru, sur l'existence d'un corps de spécialistes des « calculs », ibibariro, dont le rôle, dans le cas particulier du rituel Inzira ya Gicuraasi, consiste à observer les phases de la lune, de manière à calculer le moment du début de l'Icyunamo, au « cinquième jour de l'umwijima » ou phase sombre de Gicuraasi/Aries. Nous les voyons ensuite déterminer à l'avance le jour de la pleine lune de Kamena/Taurus, en vue du «Rite de l'Annonce de la Lune », qui doit commencer deux jours avant la pleine lune, au point du jour. Ce triduum est le cur même du rituel de Gicuraasi, car il permet de « revivre » l'arrivée du Roi-Sauveur, Ruganzu-Mutabazi, qui mit fin à la terrible période de l'occupation des Abashi et de leurs alliés Abanyabyinshi. Dans le rituel des Prémices du Sorgho, Inzira y'Umuganura, nous voyons de nouveau ces personnages procéder à divers « ibibabiro », calculs nécessités par la série de rites à effectuer en rapport avec la récolte et l'acheminement du grain sacré, suivant un chemin rituel prétabli mais qui variait selon le lieu de célébration, et le conditionnement de ce grain en vue de la préparation de la pâte Umutsima w'Umuganura, qui devait tomber à la pleine lune de Nyakanga/Gemini, car, selon la Tradition, le Roi-Sauveur avait lui-même célébré la grande fête de la communion et du partage fraternel à cette pleine lune-là Historique des trois Cérémonies annuelles Gicuraasi est, par conséquent, la méthode que les Anciens avaient mise au point pour faire face au traumatisme national de la dévastation du Rwanda au temps de Ndahiro Cyamatare. Pour nos ancêtres, il s'agissait : L'étymologie du nom de cette lune, Nyakanga - celle/celui qui refuse - serait intéressante à étudier, notamment en rapport avec ce qu'il convient de «refuser» en ce jour consacré à la célébration de la communion fraternelle Mais c'est toute la symbolique du langage rituel rwandais qu'il importe d'étudier, ainsi d'ailleurs que toute la Tradition orale rwandaise, car la rwandologie, en son état actuel, a seulement effleuré ces vieux textes. Le but de ce site est de stimuler des recherches plus approfondies dans les aspects plus profonds du de la symbolique rwandaise relatifs aux mythes, aux rites, aux poésies, et à autres textes majeurs, notamment ceux de la catégorie dite «royale». Et vue sous cet angle, la littérature rwandaise reste encore une terra incognita, où tout est explorer, à étudier, à mettre en valeur Il est à espérer que ce site suscitera parmi nos jeunes compatriotes quelques vocations à une nouvelle sorte de rwandologues. Liste des Rituels de l'Ubwiru
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